Test et communications
Pourquoi ne pas démarrer directement un déroulement thérapeutique, pourquoi passer par l’étape précédente ? Ces tests ont en eux même déjà une action de déroulement thérapeutique. Au praticien de décider en les réalisant s’il suit ce travail automatique ou s’il poursuit son investigation.
Le test complète le DRO initial. Il m’est arrivé de percevoir, chez une femme d’age moyen [1], à la palpation de la région du caecum, une sorte de « mergez cramée ». Cela m’a conduit à lui poser des questions sur ses antécédents familiaux et de l’entendre évoquer la mort d’un tel ou une telle des suites d’un cancer du colon. Aucun suivi, de type coloscopie, n’était en place pour elle même. Je lui ai “vivement” conseillé de demander à son médecin traitant si un suivi préventif à ce niveau ne serait pas utile ?. Elle est décédée par la suite d’un cancer du colon.
Ici je me pose une question : comment communiquer utilement entre professionnels de santé et spécifiquement entre médecin et ostéopathe ?
Certains praticiens ont une écoute neutre ou accueillante. D’autres non. Il fut un temps de procès pour "exercice illégal de la médecine" [2] où écrire une lettre pouvait poser problème. J’ai aussi des exemples concrets de lettres qui ont fini dans la poubelle du médecin destinataire sans avoir été prise en compte, simplement en raison d’une sorte de fatuité qui fait dire qu’un ostéopathe est un charlatan qui écrit des bêtises. [3] L’ostéopathe n’est pas non plus formé pour nommer la maladie. Cela ne correspond ni à ses outils, ni à ses objectifs puisque son attention est le patient et non pas l’entité nosologique "maladie". Son diagnostic est ostéopathique et non pas allopathique. Il faut parfois dire, ou conseiller plus ou moins fortement, au patient de consulter son médecin traitant et ce d’une façon simple et claire voire pressante dans certains cas. Pas toujours facile et un médecin des urgences me disait récemment que ce type de problématique existe aussi pour le médecin qui a à annoncer un diagnostic difficilé à recevoir, un cancer par exemple.
Autre cas d’un patient qui consulte pour douleur de "type sciatique" aigüe : vous trouvez en plus d’autres signes et symptômes, une impossibilité de se mettre sur les talons ou la pointe des pieds. Il est facile d’expliquer qu’il y a probablement une urgence liée à une compression "quelque part" et de renvoyer ce patient justement aux urgences proches. Mais pour un autre qui ressent des toiles d’araignées sur le visage ou un qui a des maux de tête le matin vers 5 heures, [4], ou pire et le plus courant le patient qui vient consulter pour douleurs au dos et qui vient juste avant de voir son médecin traitant qui diagnostiquant une lombalgie a prescrit des antalgiques et anti inflammatoires et vous en interrogeant son histoire et son vécu vous suspectez un processus pas aussi "localisé". Que dire et comment le dire ? Comment servir tout le monde de façon aidante et efficace ? Si le médecin traitant est de vos relations amicales, il n’y a pas de gros problème, mais ce n’est pas la norme.
Je crois que seule la publication de décrets qui définiront une profession ostéopathe pleinement responsable et autonome aidera à mettre en place des bases de communication performative. note de ce jour 11/11/2007 : les décrets ont été publies mais hélas, trois fois hélas la profession ostéopathe qui y est définie est amputée car ne comprend l’homme que comme un sac d’os et de muscles sans tête ni viscères..curieuse conception de ce que nous sommes mais illustration des limitations du parti qui a emporté cette décision, (celui de la médecine allopathique, médecin et kinésithérapeute)

