jeudi 9 septembre 2010


Deux principes

 

Deux principes

Socrate l’a dit, et avec lui, et mes limites propres, je peux dire que je sais que je ne sais rien. L’exercice proposé en préambule conduit à développer un état interne particulier (EI), un EI d’accueil et d’écoute. Je le nommerai à présent “ Etat Interne d’Ouverture” (EIO). Avec cet EIO à disposition, il est loisible de penser que le principe premier qui guide ma pratique ostéopathique est de ne rien présupposer et par là de me donner la chance de percevoir ce qui n’est pas prévu ou pressenti.

Ne rien présupposer : quel sens cela a-t-il en pratique ostéopathique ? [1] Si je ne sais pas ce que je peux trouver comme dysfonction(s) somatique(s), le client n’a pas plus d’idée quant à ce qui l’agit sur ce plan. Une prise de conscience particulière lui serait pourtant déjà une aide. [2]
Le client présuppose probablement que le thérapeute a au moins une solution et le thérapeute quant à lui devrait éviter de présupposer quoi que ce soit. Ce principe je l’applique aussi bien au niveau de l’écoute audition que de l’écoute tissulaire. Et si par aventure une intuition [3] demande à être validée je me remémore clairement ce principe premier au préalable. Je pose dans un coin de ma mémoire cette intuition et je poursuis l’écoute sans en tenir compte dans l’immédiat.

Le deuxième principe est que celui qui sait ce qui peut être fait ce jour là est celui qui consulte, donc le patient, le client. [4]. Et parce que celui qui sait n’est pas le thérapeute, celui-ci se doit d’écouter et d’entendre avant de décider si oui ou non il peut et veut répondre en tout ou partie à une demande qui n’est pas encore totalement consciente. Nous explorerons prochainement le sens de cette dernière assertion et ses implications pratiques

Suite


[1] Pratique ostéopathique indique aussi que le contexte de cette réflexion est celui de la consultation et du colloque singulier qui y prend place

[2] A ce point je suggère de surveiller le type de formulation que l’on utilise pour se dire son mal. Par exemple : “j’ai mal à l’estomac” n’est pas tout à fait identique à “mon estomac me fait mal”. Je propose que chacun, qui vit une souffrance, se pose cette question préalable : « qu’est-ce que je me fais ? »

[3] intuition : ce phénomène est le plus souvent le fruit de la rencontre d’une perception, d’un savoir, et d’une expérience

[4] Une consultation d’ostéopathie dans un contexte "normal" ne gère pas l’urgence et n’est pas faite pour cela. Les outils médicaux qui prennent en compte l’urgence médicale (traumatismes invalidants de type fracture, luxation, plaies,..., et autres mises en jeux du pronostic vital, etc..)sont du ressort d’autres approches médicales, d’où une juste complémentarité des médecines constituant la Médecine.

 
 
Publié le jeudi 4 février 2010
Mis à jour le mercredi 31 mars 2010

 
 
 
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