Objectif santé
Un jour ou l’autre, chacun a eu à se « soigner » pour un bobo ou une maladie nommée, plus ou moins grave et avez-vous déjà songé à ces questions : Pourquoi se soigner ? Quel est mon objectif en me soignant, quel est mon objectif immédiat, à moyen terme, à long terme. De quoi ai-je besoin pour être en bonne santé et le rester ? Est-ce que cela dépend uniquement de moi ? Et puis après tout qu’est-ce que "être en bonne santé", c’est quoi, c’est comment ?
Je vous propose ci dessous un canevas de questions pour vous situer face à cette problématique personnelle. Et pour faire gagner du temps à certain(e)s, je signale au préalable que si pour vous la médecine "c’est" juste colmater une brèche et continuer "à taper dans le barrage", entrave à l’accomplissement de nos désirs, qu’est un incident de parcours nommé maladie, et que ce choix de comportement est définitif, alors cet article est un non-sens. Si vous pensez que votre santé c’est d’abord votre affaire et que c’est aussi l’expression de ce que vous êtes, de qui vous êtes, alors peut être trouverez-vous un sens à cette proposition. Se poser ces questions et y répondre pour soi même, y compris en se disant ou pensant qu’il n’y a pas de réponse unique, de vérité vrai , c’est mettre en place au plus profond de son être des processus aidants qui serviront de guide bienveillant à notre médecin-guide intérieur.
Prenez un instant et posez vous ces questions. (cf encadré ci dessus)
Laisser votre réponse poindre le bout de son nez dans votre esprit, puis reprenez cette lecture,..., à moins que vous ne laissiez une partie de vous s’emparer de cette problématique, et qu’en même temps vous ne continuiez à lire cette page.
A la question pourquoi se soigner, de nombreuses réponses sont possibles et en fouillant un peu on arrive souvent à une réponse commune qui ressemble grosso modo à : « je veux être en bonne santé »... et je demanderai alors volontiers : C’est comment pour vous « être en bonne santé » ?
Cela peut sembler bizarre de poser cette question et si vous y pensez vraiment, c’est aussi une question qui transcende l’instant présent. Souvent être en bonne santé c’est "ne pas avoir de maladie", ou de manifestation physiquement ou psychologiquement gênante. La santé serait un équilibre que l’on construit à chaque instant, ou un déséquilibre que l’on maîtrise, comme la marche. Sous cet angle de vue, la maladie apparaît alors comme un cas particulier de cet équilibre instable et perpétuellement renouvelé, et si donc on parle de maladie c’est parce que les conséquences de cet équilibre là ne nous conviennent pas et qu’à ce titre il attire plus particulièrement notre attention, comme une entrave gêne notre marche.
A travers le monde, la perception et le vécu des phénomènes douleurs et maladie varie grandement. Les points de vue ne sont pas tous convergents et encore moins selon que l’on est « soignant » ou « malade », ou les deux. Alors pour vous... ? Si se soigner passe par l’utilisation de compétence spécifiques offertes par des professionnels de santé, comment se situer soi même vis à vis de ces offres de soins et comment situer ces offres dans notre parcours de vie ?
Dans le propos suivant, je vais être schématique à dessein : En occident, il semble possible de constater au moins deux attitudes possibles face à l’offre médicale. Soit je suis acteur soit je suis spectateur de ma santé, in ou out. Spectateur : Utiliser l’offre médical et un traitement comme un pansement : Cela permet de faire plus de la même chose. On le met en place et on recommence la même chose et tant qu’il y a des pansements disponibles, ou une place pour les mettre, on peut faire comme si cela peut ainsi durer éternellement. Acteur : je prends acte de ce qui se passe, (J’ai mangé trois Kg de chocolat, et bu une bouteille de whisky tous les jours depuis des mois et je constate ce que je vis maintenant. J’ai l’habitude de sortir quel que soit le temps en chemisette ou avec trois chandails, je traverse l’autoroute à pied, etc...), je suis conscient que ce que je vis est une conséquence de ce qui a été. Je peux aussi constater que ce qui est aujourd’hui est aussi lié à une base génétique, mais que ce que je suis est bien de mon fait. Et puisque des comportements et des croyances ont guidés mes choix passés de vie, je décide de mettre en place des comportements différents et pour cela j’utilise l’aide et les outils offerts par des professionnels de santé.
Vous vous donnez comme objectif d’être en bonne santé. L’important n’est pas à terme de ressembler à des images de magazine ou à une représentation externe de ce que l’on croit correspondre à un état de bonne santé mais bien de ressembler à ce que vous êtes.
On peut être droit dehors et tordu dedans ou l’inverse et l’important demeure aussi d’être libre de ses mouvements dehors et dedans sans tenir compte du « montré ». Un homme qui marche plié en deux avec une canne peut être bien plus libre qu’un autre qui semble avoir une attitude plus « droite ». Une femme « rondelette » peut être bien plus libre qu’un mannequin qui orne des couvertures de revues de mode. Tout est possible, tant nous sommes tous différents et uniques. Notez que par libre j’entend que tous les tissus du corps, et donc tout le corps, fonctionnent le mieux possible en ce qu’ils sont. Et si le mot libre ne correspond pas à ce que signifie pour vous cet état intérieur alors remplacez ce mot dans ces phrases par le votre et relisez ce texte avec votre propre mot.
Quelques questions simples peuvent vous aider à poser plus clairement cet objectif personnel de santé. Vous lisez cet article, les questions sont donc à la première personne du singulier.
1ere question : Pour moi : C’est comment « être en bonne santé » ?
Donnez vous une réponse qui vous permette de vous voir dans cet état de bonne santé à un moment précis de votre vie (passée ou future). Cela signifie que vous pouvez imaginez, construire dans votre tête un film, audio-visuel et sensitif, que vous pouvez vous projeter maintenant et admirer autant que le vivre. Ce film est si précis que vous pourriez si besoin le projeter à d’autres que vous même et leur faire percevoir cet état de bonne santé pour qu’ils en profitent. Soyez vraiment précis et soigneuse ou soigneux, dans cette réalisation.
Maintenant, vous avez votre réponse du jour à cette première question.
2eme question : Ce film qui est l’illustration de ma réponse à la première question : il est tourné dans une circonstance vrai de ma vie : Est-il réaliste ?
Je veux dire par là que si vous vous imaginez, si vous vivez ce moment, dans la peau de superman ou superwoman, par exemple, il y a des chances qu’honnêtement vous puissiez le considérer comme non réaliste. Faites comme si tout ce qui est nécessaire, pour que cela soit, existe, en supposant que vous avez au moment du tournage les éléments nécessaires en vous même : ce film de votre vie est-il donc réalisable ?
Si votre réponse est non ou avec une ou des réserves, alors retournez à la case départ et reconstruisez un film ou le même en en modifiant des passages, jusqu’à ce que le résultat puisse vous permettre de dire : oui c’est réaliste et réalisable.
3eme question : Est-ce que la réalisation de ce film ne dépend que de moi ?
C’est à dire : est-ce que pour que ce film existe tel qu’il est dans votre tête, dans votre esprit, est-ce que ce dont vous avez besoin aujourd’hui pour le mettre en oeuvre ne dépend que de vous ? Pensez à tous les détails de cette réalisation.
Si la réponse est non, alors retourner à la case n°1 jusqu’à ce que vous vous répondiez oui.
4eme question : Je suis en bonne santé : cela signifie que je vis différemment et que mes ressentis, mes actions, mes envies sont devenues différents. J’ai changé en dedans de moi et cela entraîne aussi des changements en dehors de moi. J’ai mis en place des nouveaux comportements.
Est-ce que ces changements vous conviennent ? Est-ce que ces changement de comportement et d’être entraînent des difficultés avec d’autres que vous ? Une question à vous poser aussi parfois est : S’il y avait un inconvénient pour moi à être en bonne santé, ce serait lequel ?
Si à ces question vous répondez oui : il y a un ou des inconvénients alors retour à la case N°1.
Si tout est bien passons au stade suivant qui sera de se demander :
1.
Qu’est-ce qui m’empêche aujourd’hui d’être en bonne santé ? 2.
De quoi ai-je besoin pour être en bonne santé. ? 3.
Quel est le rôle de l’ostéopathie dans cette recherche "d’une bonne santé" ? 4.
Y a t il des approches complémentaires à l’ostéopathie et aux médecines structurelles ? 5.
.../...
Jean Jacques Floret ostéopathe DO MROF 01.03.2003
revu le 24/03/2005

