Les définitions de la santé se font versus celle de ce qui est considérée comme son contraire : la maladie. Cette démarche aboutit à la proposition de prise en compte d’un certain nombre de paramètres dont les variations définiraient si oui ou non "on" est en bonne santé. La maladie est ainsi définie par la rupture d’équilibre des dits paramètres. [1]
Et en même temps qu’est vraiment une maladie ? je veux dire qu’est-elle en elle même ? Avez-vous déjà rencontré dans la rue une maladie ? Avez-vous pu lui serrer la main, discuter avec elle, lui dire ce que vous pensiez d’elle ?
Vous avez rencontré des « personnes malades », c’est à dire en réalité des personnes qui vivaient une situation telle qu’elles ne pouvaient pas assurer ce qu’elles auraient voulu au moment où elles l’auraient voulu ; des personnes ayant un vécu, un ressenti tel qu’elles souhaitaient changer "cela" et ce fait les conduit à dire "je suis malade" ou encore "j’ai telle maladie" [2] . Et avec ces personnes vous avez pu discuter, parler de ce vécu et des espoirs ou non espoirs de changement d’état.
Finalement la maladie n’est pas une identité mais un état, une forme d’équilibre de ce qui anime un individu donné à un instant donné, et un équilibre par définition est un état non stable, donc changeant, au minimum perfectible.
Si cet état satisfait celle ou celui qui le vit alors peut-on encore parler de maladie si ce n’est pour celui qui en parle dans un but de communication facilitante ?
Dans ce contexte, la maladie est un équilibre de santé qui ne conviendrait pas à celui qui le vit.
[1] Cela a un sens avéré et permet une démarche thérapeutique qui a une efficacité. Personne ne remettrait sérieusement cela en question, surtout à un moment ou ce quelqu’un aurait besoin des compétences de celles et ceux qui ont ces paramètres comme vecteurs de leurs outils thérapeutiques.
[2] Formulation intéressante en soi si l’on comprend le verbe avoir comme l’expression d’une possession de quelque chose.

